La Fête nationale du 14 juillet

Le 14 Juillet est la fête nationale de la République française. C'est un jour férié en France. Elle a été instituée par la loi du 6 juillet 1880 qui établit un jour de fête nationale annuelle, qui ne précise pas si elle commémore la Fête de la Fédération de 1790, symbole de l'union de la Nation, et/ou l’évènement de la prise de la Bastille du 14 juillet 1789, symbole de la fin de la monarchie absolue puisqu'elle dispose : « La République adopte le 14 Juillet comme jour de fête nationale annuelle » (article unique). Le site Internet du gouvernement de la République française affirme à la fois : « Si le 14 juillet est généralement associé à la prise de la Bastille en 1789, c'est dans les faits le 14 juillet 1790, la fête de la Fédération, qui est officiellement commémoré en France » et « Dans les faits, de la IIIe République à nos jours, les maires des communes de France et les Français commémorent les deux 14 juillet ». Les feux d’artifice Très ancienne, la tradition du feu d’artifice n’a pas toujours eu le sens festif qu’on lui connaît aujourd’hui. Le feu d’artifice est, en fait, l’un des rares symboles de la monarchie que le peuple français a souhaité garder. Au XVIIème siècle, lors de fêtes princières, Louis XIV donnait beaucoup de feux d’artifice. Victoires, mariages, baptêmes…à Versailles ou à Fontainebleau, le feu d’artifice était réservé à l’élite de la nation. Délaissé durant plusieurs années, c’est sous la IIIème République (1870-1940) que le feu d’artifice didactique surgit : la notion spectacle d’un côté, la notion enseignement de l’autre. A l’époque, on lisait « Vive la République » sur une sorte de calque, avant que les lettres s’embrasent dans le ciel. L’idée : faire passer un message au peuple en le divertissant. Institué par la loi en 1880 - en référence à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 et donc à la fin de la monarchie absolue - le 14 juillet devient jour de fête nationale en France. Le feu d’artifice lui, un symbole du 14 juillet. Au XIXème siècle, le feu d’artifice se modernise grâce à plusieurs artificiers dont la maison Ruggieri fait partie. Le feu, les détonations, le contraste de la lumière… autant d’éléments qui donnent encore aujourd’hui un côté magique et fascinant au feu d’artifice. Pourquoi allons-nous au bal des pompiers le 14 juillet ? Contre toute attente, la tradition du bal des pompiers débarque assez tardivement en France, dans les années 1930. Bien que le bal lui-même, existe depuis la nuit des temps. Il se démocratise ensuite sous la IIIème République (1870-1940). A cette époque, le pompier est un personnage très important. Il représente l’armée au service du peuple. C’est donc naturellement qu’il a toujours été associé aux festivités du 14 juillet. Que ce soit pour surveiller que tout se passe bien durant les feux d’artifice ou pour défiler dans les petites communes sans militaire. Pourquoi les troupes françaises défilent-elles le 14 juillet? C’est la IIIème République (1870-1940) qui a institué le défilé militaire du 14 juillet. La France veut montrer qu’elle a reconstitué son armée 10 ans après la défaite contre les Prussiens en 1870. L’idée : faire défiler les hommes en armes, l’armée de la nation. Le défilé militaire du 14 juillet s’entérine dans une véritable tradition où prime l’importance d’expliquer le rôle d’une armée dans la démocratie. Dans le défilé du 14 juillet également, la nostalgie d’une France puissante et respectée. Après la Première Guerre mondiale, le défilé du 14 juillet devient l’hommage de la nation à ceux qui sont morts pour elle.

Les traditionnels feux de la Saint-Jean

On dit souvent aujourd'hui que les traditionnels feux de la Saint-Jean marquaient autrefois le début de l'été. En fait, ils avaient lieu dans la nuit du 23 au 24 juin ou du 24 au 25 juin selon les endroits, le 24 juin étant le jour de la Saint-Jean, donc en léger décalage avec le solstice d'été. S'ils ont toujours été peu fréquents dans le Maine, la Bourgogne, la Franche-Comté, la Champagne et les Ardennes, ces feux de joie étaient réalisés chaque été dans la plupart des communes du reste de la France. Ils se sont maintenus jusqu'à la Première Guerre mondiale, parfois jusqu'à la Seconde, qui leur a donné un coup d'arrêt définitif.

 

Un grand feu à voir de loin !

 

Dans certaines régions, chaque ferme faisait son petit feu. Mais la règle générale était la réalisation d'un grand feu de joie commun qui devait se voir le plus loin possible. Dans les plus humbles villages, la veille ou le jour de la Saint-Jean, tous les gens de la commune apportaient le soir venu, à l'endroit désigné, des fagots de brindilles, des branches mortes, des combustibles divers que l'on empilait en tas, dans la gaieté générale.  Parfois, on entassait tous ces matériaux autour d'un grand arbre coupé et fiché là depuis quelques semaines. Le sommet en était alors souvent décoré de fleurs en bouquet, en couronne ou en croix.

 

Qui allumait le feu ?

 

L'Eglise a toujours eu un regard mitigé sur ces feux qui datent de la nuit des temps. Tantôt elle s'en sert pour organiser des processions et christianiser cette fête populaire à travers le culte de Jean le Baptiste,  tantôt elle tente d'interdire les feux de la Saint-Jean comme "entachés de superstitions". Dans certains lieux, c'était donc le curé qui allumait le bûcher. Dans d'autres en revanche, c'était celui qui l'avait construit, ou bien le maire, le syndic, la personne la plus âgée du village, une jeune fille (les familles se battaient parfois pour que leur fille ait cet honneur), ou bien encore les derniers mariés de la commune.

 

Que faisait-on autour du feu ?

 

Des danses bien sûr, car cette fête était d'abord l'occasion pour la jeunesse du pays, garçons et filles, de se retrouver et de se plaire. Mais tourner autour du bûcher avait un sens quasi magique, variable selon les régions. Dans l'Oise, les mamans tournaient trois fois autour avec leur nouveau-né dans les bras pour lui porter chance. En Bresse, quatorze fois "pour être assuré de ne jamais avoir mal aux reins". Dans la Creuse, on en faisait le tour neuf fois si on voulait trouver femme ou mari. "Aussitôt que  les flammes pétillaient, tous les assistants, jeunes et vieux, se prenaient par la main et se mettaient à danser des rondes autour de la jônée (le bucher). Les jeunes filles surtout se livraient à cet exercice avec beaucoup d'entrain, car elles savaient qu'en dansant ainsi neuf fois autour des feux de la Saint-Jean, elles se marieraient infailliblement dans l'année.

 

Les rites magiques autour des feux de Saint-Jean

 

Des superstitions et croyances magiques étaient liées à ces feux de joie. Dans la Creuse et le Poitou par exemple, on jetait des pierres dans le brasier pour les récupérer ensuite et de les placer dans les champs de raves: plus grosses étaient les pierres, plus grosses seraient les raves ! En Touraine, en Limousin ou dans le Haut Poitou, on y jetait des pierres marquées d'une croix pour que "la bonne Vierge vienne s'asseoir sur la plus jolie des ces pierres, de sorte que le lendemain on y voit de ses beaux cheveux d'or". A Metz, on faisait brûler des bouquets d'armoise pour éviter les maux de reins des moissons. Pour obtenir le même résultat, on pouvait dans certaines régions se faire balancer au-dessus du feu. Dans les Charentes, balancer son petit enfant au-dessus du feu neuf fois, c'était lui assurer une croissance rapide. En Gironde, celui qui voulait avoir de l'argent toute l'année devait tourner autour du feu de la Saint-Jean en y jetant une pièce, qu'il lui fallait retrouver dans les cendres une fois le feu éteint et conserver précieusement. En Bretagne, pays où les morts sont toujours plus présents qu'ailleurs, des sièges étaient posés autour du feu pour que les ombres des défunts viennent s'y placer, écouter les chants et contempler les danses.

 

Le saut par-dessus le brasier

 

Sauter par-dessus le feu de la Saint-Jean était aussi un rite très fréquent.

 

On disait tantôt que le saut permettrait de se marier dans l'année, tantôt qu'il préservait des furoncles ou des sortilèges, tantôt encore qu'il portait bonheur ou qu'il "donnait force aux os et préservait des rhumatismes". Les vieillards qui ne pouvaient plus sauter par-dessus le feu se contentaient d'enjamber une braise !  On faisait aussi sauter ou plutôt passer les troupeaux à travers le brasier presque éteint ou bien on menait les bêtes à travers la fumée ou les cendres du feu de la Saint-Jean pour les protéger des épidémies le reste de l'année.

 

Et après ?

 

Une fois le feu éteint, chacun rentrait chez soi avec un tison. La tradition  populaire affirme qu'on pouvait le saisir sans risque car "le feu de Saint-Jean ne brûle pas". Enfermé dans une armoire ou placé près du lit des parents, conservé jusqu'à la Saint-Jean prochaine, il devait préserver la maison de l'incendie, de la foudre et de certaines maladies. On pouvait aussi en placer un morceau dans son champ pour protéger ses récoltes de la grêle, parfois aussi (disait-on) des chenilles et des limaçons. On utilisait  jusqu'aux cendres de ce feu de joie, cendres auxquelles on attribuait des vertus bienfaisantes.

 

 

Quant à l'origine de ces feux de Saint-Jean elle-même, elle reste aussi inconnue que les propriétés magiques de ses cendres puisque, selon le grand folkloriste français Arnold Van Gennep, il ne peut s'agir ni d'une résurgence celtique, ni d'un culte romain ou germanique christianisé. Le mystère demeure. 


Le 8 juin La Fête des Rosières

Les rosières d’hier à aujourd’hui

« Hélas, belle rosière..

D’autres amis des mœurs doteront ta chaumière

Mes présents ne sont point une ferme, un troupeau

Mais je puis d’une rose embellir ton chapeau… » Disait un galant à une Rosière.

                                                  

Beynes autrefois fêtait ses Rosières, cette tradition a disparu aujourd'hui.

 

Une Rosière est une jeune fille qu'on récompense pour sa réputation vertueuse.

Instituée, selon la légende, par saint Médard (évêque de Noyon) à la fin du Ve siècle, la fête de la Rosière est née à Salency (Oise). La première Rosière de l’Histoire aurait été la propre sœur de saint Médard, sainte Médrine.

Elle consiste, à l'origine, en la remise d'une couronne de roses (d'où le nom) à la jeune fille dont la conduite irréprochable, la vertu, la piété et la modestie ont marqué le village. Chaque année, un prix de 25 livres sera décerné à la plus vertueuse des jeunes filles.

Le seigneur de la contrée choisit la Rosière entre plusieurs prétendantes désignées par le village. La cérémonie respecte un rite qui demeurera jusqu’au XXe siècle. Le 8 juin ou le dimanche le plus proche, la jeune fille élue est lavée puis habillée tout de blanc, ses cheveux longs sont libres et dénoués. Des jeunes filles du village l’accompagnent vêtues également de blanc. Les proches et les habitants de la paroisse prennent place derrière le petit groupe et tous, en cortège se dirigent vers la chapelle où le prêtre attend la Rosière et l’accueille en plaçant sur sa tête une couronne bénie faite de roses et parfois agrémentée d’un ruban bleu symbolisant la couleur de la Vierge. Après la cérémonie religieuse, la Rosière ayant reçu son titre, tous repartent au son de la musique vers le château. Au château, le seigneur invite la jeune Rosière pour une danse, qu’elle ne peut refuser, et qui donne le signal des festivités.

 

Souvent la Rosière est paysanne et peu fortunée, le prix qui lui est remis permet alors de la doter et lui faire espérer un mariage au-dessus de sa condition.

 

En Ile-de-France, en 1774, les chevaliers de l’Arquebuse souhaitent rehausser leur habituelle fête militaire d’un hommage au nouveau roi Louis XVI. Ils dotent quatre jeunes fiancés de quatre cents livres chacune pendant que l’évêque dote la cinquième. Ils se chargent des repas de noces, pourvu que les futurs enfants de ces fiancés portent les noms de Louis Auguste et Marie Antoinette.

Les fêtes des Rosières, très répandues au XVIIIe siècle, ont disparu à la Révolution avant un renouveau au XIXe.

En 1805, Napoléon pour fêter son accession au trône puis la victoire d’Austerlitz,  décrète que des jeunes filles pauvres et vertueuses seront dotées par l’État et mariées.

En 1810, pour fêter ses noces avec Marie-Louise d'Autriche, l'empereur ordonne que, dans tout le pays, six mille militaires soient mariés avec ces jeunes filles de bonne moralité.

Il reste peu de souvenirs de l’élection des vertueuses « Miss » du temps jadis. En fait ces cérémonies instituées généralement au début du siècle dernier étaient souvent le fruit de donations privées ayant laissé peu de traces après leurs suppressions. On ne retrouve pas d’éléments dans les archives permettant de reconstituer véritablement cette cérémonie. Nous pouvons quand même en dire quelques mots, dans certaines localités des Yvelines, cinq jeunes filles étaient sélectionnées puis convoquées en mairie où elles devaient choisir, parmi cinq boules creuses, celle qui désignait l’élue.

A Versailles, en 1889, un prix fondé par l’abbé Caron fut décerné à Mlle Eugénie Dupré de Mareil-le-Guyon pour les raisons suivantes : à dix ans, après son retour de l’école se trouvant à deux kilomètres, la petite fille avait la charge du ménage en sus d’une mère paralysée et d’une grand-mère privée de ses facultés mentales. Ayant refusé plusieurs partis, pour continuer à se consacrer à ses tâches ingrates, la jeune fille reçoit ce prix de vertu à l’âge de 22 ans.

 

Le temps où le seigneur du village choisissait la Rosière est révolu, ce sont les élus qui par la suite ont récupérés cette attribution. 

Les rosières de Paris


La Fête des Mères

Chaque année, nous fêtons les mamans. Nous les remercions de l'attention, de la protection et de l'amour qu'elles nous donnent, nous leur offrons un petit cadeau de Fête des Mères. Cette tradition n'est pas vieille comme le monde mais perdure depuis un certain nombre de siècles.

Les premiers à avoir instauré une journée consacrée aux mamans sont les Grecs et les Romains, qui organisaient chaque année au printemps une cérémonie en l'honneur de Rhéa et Cybèle, les divinités mères des Dieux.

La version moderne de la Fête des Mères nous vient directement des États-Unis. Le second dimanche du mois de mai 1907, au moment du décès de sa maman, une américaine a demandé aux autorités d'instaurer une journée en l'honneur de toutes les mamans du monde le deuxième dimanche de mai. Vœu exaucé ! Les petits américains honorent leur maman le deuxième dimanche de mai depuis plus de 100 ans.

Mais en France célébrer les mamans et plus généralement la famille, est une idée de Napoléon. C'est le premier qui a évoqué l'idée d'une fête des mères officielle au printemps en 1806. Au départ, le but était d'honorer les mères de familles nombreuses.

Il faut cependant attendre le 20 avril 1926, pour que la première "journée des mères" nationale ait lieu. Il s'agissait alors d'honorer les mères de familles nombreuses, avec remise de "Médailles de la Famille française". Elle n'a jamais eu grand succès jusqu'en 1941, moment, où le Maréchal Pétain institue la fête des mères pour repeupler la France qui souffre de la seconde guerre mondiale. Pour Pétain, la famille est une valeur essentielle pour la France. Il a souhaité officialiser cette fête pour attirer l'attention sur le rôle de la femme au foyer. Son discours est réputé pour la polémique qu'il a entraînée. Certains lui ont reproché sa vision de "femme-objet". La grande "invention" de Vichy, ce fut d'honorer toutes les mères, d'en faire une fête familiale et d'en laisser la prise en charge aux enfants eux-mêmes, tout en faisant encadrer ces activités par les maîtres d'école. Bref, le collier de nouilles, c'est depuis Pétain !

 

En 1950, cette fête très populaire est officiellement fixée au 4ème dimanche de mai. Si ce dernier est le dimanche de Pentecôte, la fête des mères est reportée au premier dimanche de juin.


Le « MAI » des jeunes filles

Depuis des siècles et jusqu’en 1920, à quelques exceptions près, les jeunes gens avaient conservé des générations précédentes, la tradition d’accrocher un « mai »  devant la maison de la jeune fille dont ils étaient épris. Cela se passait, en général à la veille du 1er mai et, en tous cas, dans les premiers jours du mois selon les usages fixés dans la localité. Les fiancés en puissance ne manquaient évidemment pas de se faire connaître dès le lendemain pour éviter les malentendus car il arrivait que plusieurs « mais » fussent suspendus à la même porte.

Selon les communes, il était constitué de branches d’arbres ou d’arbrisseaux ou bien encore de bouquets de fleurs parfois emmanchés sur un bâton, ce qui permettait de l’enfoncer dans le sol ou dans le chaume du toit.

Comme les fleurs, ils avaient leur langage pour désigner les vertus ou caractère de la prédestinée :

En général :


L’aubépine faisait allusion à sa prudence

Le cerisier à sa bonne éducation

L’églantier à son romantisme

La fougère à sa sincérité

Le genêt à sa bonne mise

Le houx à sa force de caractère

Le jonc à son attrait

Le lierre ou le prunier à sa fidélité

Le pêcher et le liseron à sa timidité

Le marronnier à son ardeur

Le pommier à son caractère versatile

Le frêne voulait dire, je vous aime

Le chêne, je vous enchaîne

 


Tout cela est d’un charme exquis mais gare au prétendu préalablement évincé, aux mauvais farceurs ou aux jeunes filles de réputation légère. Les demoiselles avaient intérêt à surveiller leurs portes si elles ne voulaient y retrouver le lendemain :

Poireaux, épines noires ou trognons de choux

Une branche de sapin signifiant putain ou une botte de foin désignant une souillon.

La distraite qui avait laissé passer ces « mais » injurieux était dès le lendemain en butte aux railleries du village.

On signale aussi des fleurs jaunes réservées aux vieilles filles, des branches de bouleaux qui servaient à faire les balais, etc.

Inutile de dire que l’auteur de la vengeance ou de ces plaisanteries ne se présentait pas à la famille. Bien souvent d’ailleurs, le premier arrivé avec de bonnes intentions restait une partie de la nuit à surveiller son message, ce qui donnait parfois l’occasion de bagarres.

A Orcemont, le « mai » le plus injurieux était une paire de cornes.

Dans certaines communes le prétendant, après s’être déclaré, était invité à une collation ou au déjeuner.

L’absence complète de « mai » était souvent pire que le « mai injurieux » car il signifiait un désintéressement complet.

 

Extrait de l’ouvrage : Coutumes et Folklores en Yvelines par Victor R. Belot

 

 

L’arbre est aussi planté pour symboliser la fixation des accords :

Dans celle du mariage, le petit arbre orné et le gros bouquet porté devant le cortège de noces.

Dans celle de la construction, la branche ou le bouquet fixé au toit ou à la cheminée pour en indiquer l’achèvement.

Dans celles de la fenaison et de la moisson, la grande branche ornée ou non de fleurs, ou le bouquet de fleurs champêtre, symbolisant la fin du travail et fixé sur le dernier char à rentrer.

Lors de la Saint-Jean la grande perche centrale du bucher.

Dans les cérémonies religieuses, comme le buis des rameaux.

Dans les cérémonies politiques, l’arbre commémoratif d’une naissance, d’une révolution (arbre de la Liberté), d’une élection (mai du maire, des élus, du député, etc.)

Dans les cérémonies professionnelles, le mât planté en l’honneur du patron ou d’un apprenti méritant.

Dans les fêtes patronales, le mât planté sur la place du village autour duquel danse la jeunesse.

Le mât des conscrits, planté chaque année dans certaines régions, lors du départ de la classe.

 

 

Extrait de l’ouvrage : Manuel et folklore français d’Arnold Van Gennep


Le muguet du 1er mai

Les histoires sont souvent multiples pour expliquer la grande histoire.

Derrière ses apparences de petite fleur humble et discrète, le muguet dévoile la fierté d’une fleur pleine de talents. Emblème incontournable du 1er Mai, le muguet annonce le retour des beaux jours et s’offre comme un porte-bonheur.

La tradition remonterait en France à la Renaissance, à 1560 exactement, lors d’une visite du roi Charles IX dans la Drôme, avec sa mère Catherine de Médicis. Lors d’une promenade dans le jardin du chevalier Louis de Girard de Maisonforte, à Saint-Paul-Trois-Châteaux, ce dernier aurait cueilli un brin de muguet et l’aurait offert au roi. Celui-ci, charmé par le geste, fit de même auprès des dames de la cour dès 1er mai 1561 en leur disant: «Qu'il en soit fait ainsi chaque année».

Les Celtes attribuaient déjà des vertus porte-bonheur à cette plante : sa floraison signifiait le retour du printemps et de l’abondance de la nature.

En 1889 à Paris, le Congrès de la IIe Internationale Socialiste entra à son tour dans la lutte pour la réduction du temps de travail. Le 1er mai fut alors désigné comme journée de revendication, en souvenir des événements de Chicago. Le combat ne fut pas vain : le traité de Versailles adopta la journée de huit heures de travail.

En 1941 sous l’Occupation, le maréchal Pétain déclara le 1er mai «Fête du Travail et de la concorde sociale» afin de rallier les ouvriers au gouvernement de Vichy. Le jour devint férié, chômé et payé. L’églantine rouge, jusque-là symbole des contestations du 1er mai et du socialisme, fut alors remplacé par le muguet, en fleur à cette période de l’année.

Cette mesure du 1er mai comme jour férié fut reprise en 1947 après la guerre par le gouvernement issu de la Libération.

Mais offrir du muguet à quelqu’un ce jour-là, c’est lui souhaiter beaucoup de bonheur. .....................................................

F.Renout
(Administrateur cgpcsm)

 

 


Les étranges coutumes des « œufs de Pâques »

Joyeuses Pâques

Chaque année, du « jeudi-saint », au « samedi-saint » qui précède immédiatement la grande fête carillonnée de Pâques, les clochers deviennent muets. Dans les petites villes, dans les campagnes, on appelle les fidèles aux offices à la « crécelle » qu’un bedeau vient tourner à tous les carrefours. Et puis, le samedi – à onze heures si nos souvenirs d’enfant sont exacts – les clochers retrouvent leurs voix. Les grands-mères ont affirmé aux gosses que les cloches étaient à Rome et qu’elles allaient rapporter des cadeaux. Alors, ceux-ci se précipitent dans les coins les plus inexplorés des maisons et découvrent – en utilisant certaines complicités – des jouets. Lorsqu’ils reviennent, joyeux, dans la salle commune, ils aperçoivent avec ravissement un œuf en sucre ou en chocolat au milieu de la table. Dans toutes les vitrines des confiseurs, les œufs sont légions, enrubannés et entourés de petits poussins.

D’où vient la légende des cloches ?

Saint-Pierre s’en allant au tombeau, rencontra Sainte-Madeleine, qui lui dit que le Christ était ressuscité. « Oh ! Je croirai cela quand les œufs de poule seront rouges » dit Saint-Pierre, qui jouait facilement les Saint-Thomas. Alors, la sainte femme ouvrit un tablier dans lequel, elle portait des œufs, et Saint-Pierre, qui avait lancé sa boutade au hasard demeura confondu. Dans le tablier s’entrechoquaient une dizaine d’œufs du plus beau rouge !

C’est pour rappeler ce miracle, prétendent quelques auteurs, que l’on offrit par la suite des œufs au matin de Pâques.

L’histoire est jolie et n’aurait pas manqué d’inspirer Edmond Rostand s’il l’avait connue. Malheureusement, elle est fausse et son invention est fondée sur une ignorance totale des antiques théomythies, (Système des mythes antiques conservés par tradition).

 

Le culte de l’œuf, l’un des plus anciens

La fête des œufs, qui coïncide avec l’équinoxe de printemps, appartient, en réalité, aux rites solaires et son origine remonte aux premiers âges de l’humanité. Dans les cosmogonies (science de la formation des planètes, des étoiles, des galaxies) primitives, chez les Phéniciens, les Persans, les Chaldéens, les Indous, etc., l’œuf était considéré comme l’emblème du principe de toute chose. Pour les Egyptiens, il représentait le soleil : « cet œuf lumineux que l’Oie Céleste pond et couve à l’Orient ». Et, pour les initiés à la doctrine orphique, « le monde tenait dans un œuf immense renfermant le chaos d’où est sorti le principe de la divinité qui contient elle-même le germe de tout ce qui existe ».

Ce culte de l’œuf, qui est l’un des plus anciens que l’on connaisse, donnait lieu à des cérémonies et à des danses dont on retrouve plus tard les traces chez tous les peuples. A Rome, dans les fêtes du printemps célébrées en l’honneur de Cérés, où des matrones, vêtues de blanc, portaient solennellement un œuf, chez les hébreux, où l’on mangeait un œuf dur au repas rituel de la Pâque (fête commémorative du « passage » -pashah en hébreu – de la Mer Rouge par Moïse). Chez les celtes, dans le culte rendu à Belen, où l’on s’offrait mutuellement des œufs teints en rouge, ainsi que chez les chinois, les latins, les indiens, etc.

L’œuf à cause du phénomène de l’éclosion, symbolisait la fécondité, la renaissance et le passage d’un état à un autre.

Offrir des œufs, dans les liturgies primitives, c’était donc, non seulement faire participer ses parents et ses amis au renouveau de la nature, mais encore rappeler à l’homme les lois de son devenir. De même l’œuf doit cesser d’exister pour donner naissance à un être vivant, l’homme ne peut s’accomplir qu’au prix d’une véritable « mort ». C’est le sens que donnera plus tard le Christ à la parabole : « si le grain ne meurt »…)

Symbole de la résurrection du Christ

Au moment où l’église christianisa en Europe les grandes fêtes et les grands mythes païens, l’œuf, porteur du germe de vie, devint tout naturellement le symbole de la Résurrection du Christ. La solennité de Pâques ayant été habilement placée à l’équinoxe de printemps, époque à laquelle on célébrait depuis toujours la renaissance du soleil et le retour à la vie, la substitution se fit sans difficulté. Les œufs rituellement bénits, furent bientôt dits « de Pâques », et leur couleur rouge, qui avait une valeur magique, devint une allusion au sang versé par le Sauveur.

Puis, le temps passa et l’on perdit peu à peu la signification des symboles, ce qui donne naissance, dans certains pays, à des rites étranges et incompréhensibles, même pour ceux qui les exécutaient. Ainsi, en Angleterre, à la fin du Moyen-Âge, les évêques et les doyens apportaient, le jour de Pâques, un œuf dur dans les églises. Au moment, où la maîtrise commençait à chanter, l’évêque lançait un œuf sur les choristes qui devaient l’attraper et se le passer l’un à l’autre, tandis que les chants continuaient. Dans certaines églises, l’œuf était même remplacé par une balle.

A Angers, la veille de Pâques, les corbeillers, figurant les saintes femmes, déambulaient dans la cathédrale en chantant Resurrexit et en tenant chacun un œuf d’autruche. Puis on présentait les œufs à l’évêque en lui disant tout bas, sur le ton d’une confidence : « Resurresxit Dominus Alleluia » ! Le pontife, avec le même air de conspiration, répondait « Deo gratias, alleluia » !

Après quoi, les œufs d’autruche étaient replacés avec soin dans un coffre spécial à la sacristie.

 

Cela devint une habitude et inspira les artistes

L’église ayant montré brillamment la voie, la Cour et le peuple finirent pas oublier que l’œuf pouvait avoir eu une signification symbolique. On continua d’offrir des « pâquerets » par amusement, car le rite s’était agrémenté de mille badinages, chansons galantes, farces et attrapes, amis ne trouvant plus aucune explication rationnelle à cette coutume, on en faisait naïvement remonter l’origine aux premiers chrétiens qui auraient ainsi exprimé leur joie de revoir un aliment interdit pendant les 40 jours du carême.

Finalement, on ne se pose même plus la question à ce sujet. Cela devient une habitude, comme la bûche de Noël, les feux de la Saint-Jean.

A la cour de Louis XIV, les œufs de Pâques furent ornés, si l’on peut dire, de poèmes grivois. Une année, le roi ayant reçu d’un fermier un œuf énorme, l’offrit à Mme Du Barry, après l’avoir fait plaquer d’or par le joaillier de la couronne.

Le goût du jour incita des artistes comme Lancret, Watteau, Boucher, à décorer les œufs de Pâques de compositions le plus souvent libertines. L’un d’eux fut vendu en 1914, à la salle Drouot, 25 000 francs or.

Louis XVI lança la mode des œufs « surprises ». Il offrit, une année, à Mme Victoire de France, fille de Louis XV, deux œufs de canne dans lesquels on pouvait voir, modelés à la cire, les deux épisodes d’un drame authentique au cours duquel une jeune fille avait failli perdre son honneur.

Pendant la Révolution, après avoir été décoré d’une cocarde tricolore et d’un dessin représentant la Bastille, l’œuf symbole de vie, porta sur ses flancs …une guillotine…

Les fermiers, s’ils ne donnaient pas toujours leur fille, offraient du moins leurs plus beaux œufs aux enfants de chœur qui en ramenaient parfois de leur tournée jusqu’à 150 douzaines. Avant de quitter la ferme, ils chantaient un couplet de remerciements et jetaient de l’eau bénite dans la maison.  Quant aux fermiers qui ne donnaient rien, ils avaient droit à un couplet vengeur hurlé par le groupe des gamins furieux.

En Normandie, les enfants de chœur, chantaient également, et les fermiers leur répondaient malicieusement. Puis, ils donnaient des œufs qu’ils avaient préparés et la fille de la maison embrassait les garçons ; mais quand on ne leur donnait rien, la riposte, là aussi, venait immédiatement.

Les enfants de chœur n’étaient pas les seuls à quêter les œufs de Pâques ; dans certaines régions, ils étaient concurrencés par …les facteurs des postes. On ignore toutefois si ces facteurs chantaient des couplets postiers.

 

Les cloches qui allaient à Rome et en revenaient

Il existe encore des quêtes, de ce genre dans bien des provinces, mais la plupart des enfants ont le goût du miracle et ils attendent qu’une cigogne ou qu’un lièvre vienne leur déposer les œufs à domicile. Ces animaux mystérieux changent suivant les pays : en Thuringe, c’est la cigogne, dans le Tyrol, la poule de Pâques, dans le Gotha, le coq de Pâques, en Suisse, le coucou, en Westphalie, le renard, et, en Alsace, dans le Poitou et, dans de nombreuses province germaniques, le lièvre à qui on prêtait le don de la parole le jour de Pâques, et qui était considéré, dans les mythologies anciennes, comme la forme animale de la lune.

Mais, le plus généralement, ce sont des cloches qui reviennent de Rome que les enfants attendent leurs œufs. Après le premier carillon du samedi saint, ils courent dans les jardins pour fouiller fébrilement les touffes de buis et les feuilles des premières violettes de l’année… Car les beaux œufs de sucre ou de chocolat sont cachés pour commémorer, dit-on, les visites des saintes femmes au tombeau. Leur agitation, quand elles le trouvèrent vide et leur joie enfin, quand elles découvrirent que le Christ était ressuscité.

C’est du VIIIe siècle, qu’il faut dater l’interdiction de sonner les cloches du jeudi saint au samedi saint. Ce mutisme fut vite considéré par le peuple comme une absence, et l’on commença à dire : « les cloches sont parties… ».

Et, où pouvait-on mieux imaginer une cloche qu’auprès du pape ? Elles allèrent donc à Rome ! Et, ce conte étrange se transmet depuis des siècles.

Pourtant, il existe au moins une cloche qui est allée réellement à Rome. Voici comment :

Dans un hôpital parisien, il y a des années, lorsqu’il voulut sonner la cloche, le gardien s’aperçut qu’elle avait disparu. On fit des recherches, en vain. Mais, le lendemain, arrivait à la direction de l’hôpital un curieux télégramme ainsi rédigé : « je suis à Lyon, tout va bien » signé la cloche. Le surlendemain, nouveau télégramme : « Arrivée à Marseille, bonne forme, la cloche ». Des dépêches du même genre parvinrent de Nice, de Gènes, de Florence, enfin de Rome. Quinze jours plus tard, l’un des médecins de l’hôpital, car c’était lui le coupable ramenait d’Italie sur le siège arrière de sa moto, la fameuse cloche, qu’à la suite d’un pari, il avait menée au pape. Des cachets authentifiaient le voyage.

Cette cloche est donc bien allée à Rome. Mais elle n’a pas rapporté d’œufs.

 

Guy Breton (Historia)

 

 

 

 


Les boules de Pardon

En Bretagne, le Pardon est une forme de pèlerinage généralement organisé autour d'une chapelle dédiée à un Saint ou une Sainte, réunissant un grand nombre de croyants qui se mettent en marche pour obtenir les grâces du Saint fêté. 

Généralement, le Pardon débute par une messe solennelle, se poursuit par une procession chantée avec bannières et statues du saint..... C’est aussi l'occasion de "faire la fête" avec à cette occasion, diverses réunions familiales, kermesses, courses cyclistes…

   
Jadis, ces pardons permettaient aux jeunes de mieux faire connaissance et pour certains, c'était l'occasion d'entamer une première approche, avant les fiançailles : lors du pardon, le jeune homme offrait à sa belle,  une "Boule de pardon". Si elle l'acceptait, elle se considérait alors comme engagée vis à vis du jeune homme. Elle ramenait cette boule de verre à la maison, informant ainsi ses parents de la demande qui lui était faite. La taille de cette boule de verre renseignait la famille sur l'aisance financière du demandeur. Les parents acceptaient ou non.
Rouges, vertes, dorées, argentées, bleues ou jaune, les boules de Pardon 
sont en verre mercurisé... Elles sont de taille différente de 8 à 30 cm de diamètre.


Très fragiles, elles étaient précieusement conservées dans les intérieurs bretons, 
 transmises de génération en génération de mère en fille, en souvenir des lointaines fiançailles des mères, grands-mères…

 

Avec une attache, en partie supérieure, comme les boules de Noël, elles étaient suspendues dans une pièce de la demeure.


Les globes de mariage

 

La coutume de mettre couronne, bouquet et autres souvenirs de mariage sous globe s’est limitée à la France et a concerné essentiellement les catholiques. Elle date du XIXe siècle

On déposait sur un socle, sous le globe, la couronne de fleurs d’oranger qui évoquait la virginité et aussi l’éternité mais également beaucoup d’autres objets et ornements suivant les circonstances.

Les motifs composant la garniture du globe étaient choisis par les fiancés.

Les petits miroirs qui figurent parmi les motifs en métal doré sont remplis de symboles :

§  Le miroir central évoque le reflet de l’âme, la vérité.

§  Un miroir triangulaire symbolise la fécondité.

§  Le nombre de miroir triangulaire indique les années qui ont séparé les fiançailles des noces.

§  Les miroirs ovales étaient généralement des porte-bonheur offerts par les demoiselles d’honneur.

§  Les miroirs losanges symbolisent l’union des deux sexes.

§  Le miroir trapèze, une communion spirituelle entre les époux.

§  Sept miroirs dans la garniture d’un globe représentent les sept dons de l’Esprit Saint : sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété et crainte de Dieu.

Les feuilles d’arbres en métal doré avaient elles aussi leur signification :

§  La feuille de chêne symbolisait la longévité.

§  La feuille de tilleul, la fidélité.

§  La feuille de lierre, l’attachement.

§  La grappe de raisins, l’abondance et la prospérité.

L’oiseau représentait la femme qui fonde sa famille comme l’oiseau fait son nid. La colombe avec un brin de laurier annonçait la paix dans le ménage et le couple de martins-pêcheurs, la fidélité conjugale.

Sous les globes de mariage, il y avait souvent des souvenirs de la noce mais aussi d’autres objets.

§  « L’Enfant de Marie », c’est-à-dire la jeune fille qui, par son sérieux et sa ponctualité à l’église, avait été remarquée par le curé, y mettait son ruban d’Enfant de Marie.

§  Une veuve y mettait la couronne en perles qu’elle avait portée à son remariage.

§  Les « Rosières » ne manquaient pas d’y exposer leur couronne de fleurs blanches, signe de leur pureté.

§  On y mettait parfois un bout du voile de la mariée, cravate blanche du marié, une paire de gants blancs, le livre de messe à couverture d’ivoire ou la jarretière de la mariée.

§  Quelque fois on y glissait une cerise pour conjurer la « guigne » dans la vie. Puis venaient s’y ajouter les souvenirs de communion : le brassard, l’aumônière.  

§  Les conscrits y installaient leurs souvenirs de conseil de révision, les militaires exposaient leurs médailles ou celles de leurs parents.

§  Quand les deux époux  étaient décédés, on enlevait souvent les plaques de cuivre indiquant leur nom sur les chaises de l’église et on les plaçait sur le socle.

Les globes des noces d’or étaient différents. Moins de fleurs, plus de fruits. Deux oiseaux pour symboliser le couple, une pomme (qui a été croquée par les mariés), des raisins blancs pour les filles du couple et des noirs pour les garçons, des cerises, (une par décennies), du chèvrefeuille pour la fidélité et des mûres  qui indiquent que la séparation est impossible.

Enfin, sous le verre fragile, on trouve parfois des arbres d’amour. C’est un petit arbre chargé de nombreux oiseaux. Lorsque le marin revenait vers son épouse après une longue absence, pour lui prouver qu’il ne l’oubliait pas, il lui apportait un oiseau empaillé de chaque pays où il avait abordé.

 

 

 

 

 


Carnaval

L’origine de la fête de carnaval remonte au temps où les hommes usaient de procédés incantatoires pour obtenir ces trois biens sacrés : virilité, fécondité et abondance. Chaque année, au moment du passage de l’hiver au printemps, certains rites étaient accomplis dans le but de forcer les divinités par la puissance de la représentation et du simulacre.

Il y avait ainsi, parmi les rites agraires de la fin de l’hiver, la danse des moissonneurs. Le geste de couper le blé, que les officiants faisaient en groupe, devait assurer de riches récoltes au clan.

Pendant ces fêtes, et pour certaines cérémonies, on se recouvrait d’une peau de loup ou de cerf encore sanguinolente dont la tête avait était conservée. (L’Histoire de peau d’âne, recueillie par Perrault, vient de ces temps reculés. C’était le « scénario » d’une cérémonie saisonnière). Ce déguisement signifiait que, pour quelques jours, au moment de la grande montée de la sève, l’homme allait délibérément laisser agir en lui toute sa bestialité. De ce rite, il nous reste aujourd’hui le travesti et le masque.

La Purification faisait partie du cycle des fêtes religieuses à caractère familial. Autrefois les personnes assistaient à la messe du jour et participaient à une procession aux chandelles dans l’église. Il est traditionnel de faire des crêpes dans toutes les régions.

 

Dans le Mantois : Faire des crêpes attirait l’argent

En Hurepois : on devait tenter d’envoyer l’une des crêpes pardessus l’armoire principale.

En Yveline : Chaque personne était tenue de faire sauter sa crêpe en tenant dans l’autre main une pièce de monnaie. La réussite assurait de l’argent toute l’année.

Au bal du dimanche suivant, les femmes avaient le droit d’inviter leurs cavaliers elles-mêmes.

 

 

 


Le gâteau des rois ou galette des rois

On la dévore dès les premiers jours de janvier à peine les repas de Noël et du jour de l’an dégustés. La galette des rois est attendue par les gourmets et tous les gourmands.

Mais quelle est son origine ? que représente la fève ? et surtout, quand la mange-t-on ?

Cette tradition à l'origine religieuse est devenue une tradition populaire et familiale. La galette des rois à la frangipane, servie à l'épiphanie, est une recette typiquement française qui existait bien avant l'épiphanie.

Nous ne savons pas précisément l’époque à laquelle, il faut faire remonter l’usage de manger un gâteau contenant une fève, le jour des rois. Toujours est-il que cette coutume très ancienne est encore pratiquée dans la plupart des familles, qui saisissent cette occasion pour se réunir chaque année.

La galette des rois pourrait tirer son origine des Saturnales (fêtes romaines sur la fin du mois de décembre et au commencement de janvier), les Romains désignaient un esclave comme « roi d'un jour ». ... Tacite écrit que, dans les fêtes consacrées à Saturne, il était d'usage de tirer au sort la royauté.

Le mot « épiphanie » vient du grec apparition ou manifestation, c’est une fête d’origine orientale (située environ vers 325), fixée au 6 janvier et en France le dimanche après le 1er janvier. En orient, c’est la fête du baptême de Jésus où il a été manifesté comme fils de Dieu. En occident, ce jour commémore surtout la manifestation de Jésus aux mages.

La fève, légume originaire d’Asie et d’Afrique, fut longtemps un symbole religieux et tabou. Elle servait selon qu’elle soit noire ou blanche, de bulletin électoral chez les hébreux, les grecs et les romains.

Au IVe siècle, le pape Jules Ier décide de célébrer les rois mages le jour de l’Epiphanie. Ce jour-là, chaque corporation de métier choisissait son roi pour l’année. Dans les familles aisées, le roi était un enfant déshérité, que l’on aidait pendant une année, il était tiré au sort, grâce à une fève à l’intérieur d’un gâteau.

Un des rares journaux publiés au XVIIe siècle, le « Mercure galant », nous apprend que Louis XIV conserva toujours l’usage du gâteau des rois, et il cite notamment la fève tiré à Versailles en janvier 1684, qui servit de prétexte à un grand festin et à de nombreux divertissements.

Un gâteau des rois qui a aussi son histoire, est celui qui fut tiré par Louis XV en compagnie de ses trois petits fils. Le hasard fit qu’en coupant le gâteau, il coupa la fève en trois morceaux. Ce prince superstitieux vit dans ce fait insignifiant en apparence, l’annonce prophétique du règne et des malheurs des trois frères qui devinrent, en effet, Louis XVI, Louis XVII et Charles X.

A cette époque, les superstitions ne se rencontraient pas seulement à la cour. Dans les campagnes, jour des rois, le père de famille appelait à sa table tous ses enfants, même ceux qui étaient au berceau, de peur que ces derniers en fussent tourmentés par le démon et jetés à terre. La mère qui avait un enfant sous les drapeaux enfermait dans son armoire une part du gâteau, appelée la part de Dieu, et, si elle se conservait, cela voulait dire que son fils se portait bien.

En 1789, la galette des rois fut appelée « Gâteau de l’égalité » et l’Epiphanie devint une fête des « sans culottes ».

C’est vers les années 1900/1910, que la fève fut remplacée par un sujet en porcelaine, en effet, la coutume voulait que le roi offre un cadeau aux autres invités, peut-être afin d‘éviter cette  dépense…certains avalaient la fève, on créa alors une « fève » en porcelaine, plus difficile à digérer.

La tradition veut qu’une fève soit cachée dans la galette et la personne qui obtient cette fève devient le roi (ou la reine) de la journée et a le droit de porter une couronne de fantaisie puis choisit sa reine (ou son roi). Dans le circuit commercial, dans la seconde moitié du XXe siècle, les boulangers fournissent avec la galette une couronne en papier doré à usage unique. Plus traditionnellement chaque famille réalise et conserve une ou plusieurs couronnes artisanales.

 

Jadis, l’usage voulait que l’on partage la galette en autant de parts que de convives, plus une. Cette dernière, appelée « part du Bon Dieu », « part de la Vierge » ou « part du pauvre » était destinée au premier pauvre qui se présenterait au logis. On met un petit enfant sous la table, lequel est interrogé par le maitre de maison et l’enfant répond par le nom ou prénom ou encore le titre des convives pour satisfaire au partage des parts.


Pourquoi porte-t-on l'alliance au quatrième doigt de la main ?

Ce n'est pas parce que ce doigt s'appelle l'annulaire que les époux y passent l'alliance. Au contraire, c'est parce qu'on lui enfile l'alliance (l'anneau) qu'on appelle annulaire.

Dans l'antiquité, du temps d'Hippocrate, les médecins grecs considéraient que le quatrième doigt était directement relié au coeur, à cause du tracé des veines qui l'entouraient (et qui l'entourent toujours).

Quelques siècles plus tard, quand les premiers chrétiens célébrèrent leurs cérémonies de mariage, la bénédiction se faisait au nom de la Sainte Trinité. Ils la symbolisaient par les trois doigts les plus longs de la main "Au nom du Père" correspondant à l'index, "du fils" au majeur, et "du Saint-Esprit" à l'annulaire.

Voilà pourquoi l'alliance se porte au quatrième doigt de la main.

 

Extrait de l'ouvrage "Pourquoi" de Philippe Vandel

 

 

 


Les traditions du 1er Janvier - Les étrennes d’autrefois

 

Six ou sept cents ans avant Jésus-Christ, les romains, la veille du premier jour de l’an, se rendaient dans un bois des environs de la ville éternelle consacré à la déesse Strena ou Strenia. Ils coupaient des rameaux de verveine qu’ils offraient au monarque et aux grands.  Plus tard, on y ajouta des piécettes d’argent…

 

C’est à Charles IX que vous devez vos étrennes au 1er janvier.

 

Si vous viviez au XVIIe siècle – et si vous étiez grand seigneur – les cadeaux de Noël et du jour de l’an vous auraient ruinés. Mazarin, qui était pourtant d’une ladrerie bien connue, conduisait, la veille du jour de l’an, les dames de la cour dans une galerie de son palais, leur remettait des billets de loterie, qui tous, étaient gagnants. On vit un jour – et le cas n’avait rien d’exceptionnel – mademoiselle de Montpensier gagner un diamant de 4 000 livres.

Au XIXe siècle on offrait aux petites filles des crêches et aux garçons une bergerie.

 A notre époque, on a ajouté le baiser sous le gui…ce qui est une étrenne parfois agréable, mais toujours peu coûteuse.

 

 

 


Les traditions de Noël dans l'ancienne Seine et Oise

La buche

La grosse bûche que l'on conservait spécialement pour cette nuit était mise cérémonieusement dans l'âtre et chacun la regardait brûler lentement. Cette bûche devait se consumer toute la nuit. Cette tradition est attestée partout au début du XIXe siècle. Autrefois le père de famille la bénissait et récitait un Notre Père avant de la mettre dans le feu. 

Les cendres de bûche de Noël avait la vertu d'éloigner les orages, elles avaient les mêmes pouvoirs que les cendres de la Saint-Jean, elles étaient favorables aux jeunes ménages qui les répandaient sous leur lit. 

Les bûches de notre époque se sont bien souvent converties en bûches glacées.

 

L'arbre de Noël

On est un peu mieux fixé sur son apparition à Paris après la guerre de 1870, et sont origine est, sans doute, redevable aux réfugiés Alsaciens et Lorrains victimes de l'invasion allemande. 

A Thiverval l'arbre de Noël que l'on vit apparaître en 1927 sur l'initiative d'un instituteur, devint une fête scolaire. Les enfants faisaient la quête dans le village pour le garnir de petits cadeaux. Les donateurs et les parents étaient invités à la fête durant laquelle les élèves interprétaient diverses saynètes avant de recevoir l'un des paquets accrochés à l'arbre.

 

Le Père Noêl

 

C'était autrefois le petit Jésus qui se chargeait d'apporter quelques douceurs aux jeunes enfants dans la nuit froide de sa naissance. On le croyait américain ou anglais, or il s'avère que des textes du XIIIe siècle font état d'une personnification de la fête et certaines localités de Bourgogne font mention du vieux bonhomme, il y a plus de 160 ans déjà. 

On en parle quelques années avant la dernière guerre en Yvelines où il semble que le clergé se soit opposé ; du moins en certains endroits. On le signale très tôt à Thiverval-Grignon. 

 

La messe de minuit

 

Sous l'Ancien Régime, la messe de minuit était appelée messe des bergers et accompagnée d'un cérémonial du plus haut interêt. Dans une crêche, brillamment éclairée, reposait un enfant Jésus grandeur nature, entouré d'une trentaine de bergers et pastourelles. Après bénédiction de la crêche, un berger, accompagné de bergère en blanc porteuse de quenouilles enrubannées, amenait un mouton porteur d'un harnais sur lequel brûlaient seize cierges. Un second berger, entouré de jeunes filles, transportait une branche de laurier réhaussée de fruits et de friandises. Puis venaient deux porteurs de pains bénits entourés de lauriers et de cierges. Enfin suivait le reste du cortège dont chacun des membres tenait d'une main une chandelle, et de l'autre une houlette ornée.