Le château médiéval de Beynes

La ville de Beynes, possède un trésor architectural méconnu : son château médiéval. Depuis le XIIe siècle, il a appartenu à de grandes familles proches du pouvoir royal, des Estouteville aux Pontchartrain en passant par Anne de Pisseleu et Diane de Poitiers, la propriétaire la plus célèbre.

 

En 1732, commence la lente agonie du château. Il est vendu comme carrière de pierres puis tombe dans l’oubli jusqu’au milieu du XXe siècle où un passionné, monsieur Legoy, le rachète et entreprend de le redécouvrir avec une armée de jeunes bénévoles. En 1967, la commune de Beynes s’en porte acquéreur. 

Classement du château

L’ensemble des vestiges médiévaux constitués par le château et les douves, propriétés communales, sont inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté ministériel du 18 novembre 1959.

 

Et par un arrêté de la ministre de la Culture et de la communication du 17 janvier 2014, a classé au titre des monuments historiques le château de Beynes.

 

La présente mesure génère un périmètre de protection dit « périmètre d’abords » de 500 mètres autour du bâtiment concerné.

Le château de Beynes

Quand on verra touffus grands arbres et buissons

Et que feront leurs nids les verdiers, les pinsons,

Nous irons visiter ces pierres ignorées

Que, dans Beynes, l’on voit par le lierre entourées.

Tu verras ce donjon, que la ronce a couvert,

Parer son front fendu sous un panache vert,

Et, squelette orgueilleux de sa splendeur passée,

Sur ses vastes débris concentrer ta pensée ;

Alors tu songeras à ces temps malheureux

Où le manant vivait sous un joug rigoureux.

 

De ce castel, hélas ! Nous ignorons l’histoire ;

Pour la faire surgir du fond d’une écritoire,

Il faudrait un travail que je ne ferai pas,

Mais, qui pour un savant, peut avoir des appas.

 

Toi, dont la plume élégante et facile,

A l’inspiration, est toujours si docile,

Tu pourrais découvrir pourquoi ce fort château,

Au lieu d’être perché sur le haut du coteau,

Cachait sa masse épaisse au fond de la vallée

Comme cache un sultan sa sultane voilée.

 

Allons, raconte-nous le sièges, les combats

Qu’ont, jadis, vus ces murs, et les bruyants ébats.

Qu’y prenait le baron, dont la simple sentence

Envoyait les vilains danser, à la potence !

Peints-nous ce châtelain, en harnais de métal,

Bourru, gourmand, ivrogne, ignorant et brutal !

Apprends-nous les secrets de ces vieilles ruines

Où nichent aujourd’hui chouettes et fouines ;

Fais revivre au soleil ce seigneur blasonné

Qui, dans ces murs épais, vivait emprisonné.

Si ce n’est un baron, tu peux le faire comte ;

Toujours est écouté celui qui bien raconte.

 

Que n’avons-nous ici le docte Charbonnier

Pour peindre ce château de la cave au grenier !

Sa muse infatigable, en moins d’une semaine,

Aurait levé le plan de ce vaste domaine

Et, fait, devant nos yeux, vivre les habitants

Qu’abritèrent ces murs ébréchés par le temps.

 

 

Quentin Mairel

Membre de l’Union des poètes

(Journal La Concorde du 19 février 1865 )

Le chateau médiéval de Beynes (2011 à 2014)

Photos de 2011 à 2015

Les casemates (photos de 2011 à 2015)

Restauration du ravelin en 2015

La passerelle 30 septembre 2015

Création : SADY (Service archéologique départemantal des Yvelines - Les pavillons de Philibert Delorme au XVIe siècle



Beynes (Yvelines), Entrée est du château : rapport de diagnostic

L'étude documentaire menée sur le château de Beynes aura permis de rassembler les études existantes, et de rendre compte de l'histoire du bourg et surtout de l'édifice militaire et résidentiel objet d'un futur aménagement. S'il ne s'agit pas ici que d'une synthèse dans la mesure où deux études ont déjà été réalisées dans le cadre des travaux à venir (cf. Corvisier et Cléris), celle-ci rend compte de la forte probabilité à rencontrer des vestiges archéologiques sur des emplacements clés de l'opération de restauration et de mise en valeur, principalement au niveau des entrées est et ouest de la future passerelle. Une opération de terrain a été réalisée suite à cette étude d'archives. Le diagnostic archéologique a été mené entre le château et son accès à l'est. Cette opération a révélé des structures bâties : un mur et deux tours semi-circulaires. Il s'agit de constructions liées aux douves et au château, remontant au XIIIe-XIVe siècle. On sait que la Mauldre circulait le long de cet ensemble mis au jour. L'emprise réduite de l'opération archéologique a permis d'étayer les hypothèses relatives à l'aménagement de l'espace autour du château sans toutefois y apporter de conclusions définitives.

 

Decock Ludovic