Les sites archéologiques de Beynes

Vous trouverez dans notre brochure (tome 7) des informations sur les sites archéologiques de Beynes avec de nombreuses illustrations provenant de nos travaux de recherches dans différents centres d'archives.

 

En vente auprès de l'association.

Val des Quatre Pignons

Important site d’habitat, occupé depuis les âges des métaux. Un petit lot de tessons est ainsi daté de l’Age du Bronze. Mais les premières traces d’un établissement durable remontent à la fin de l’Age de Fer (vers les débuts du 1er siècle avant notre ère).

Pour cette époque gauloise, la relative quantité de fragments d’amphores à vin d’Italie attestent l’insertion du site dans le grand commerce qui traverse la gaule indépendante (peut être peut on y conjecturer la présence d’un habitat aristocratique ou d’une petite agglomération). Un peson de métier à tisser est le témoignage d’activités artisanales.

 

Le site est ensuite occupé durant l’époque romaine, du 1er siècle après Jésus Christ jusque vers la fin du IIIe siècle. Pour autant, il ne se distingue pas de nombreux autres sites connus dans la région, tout au moins au travers des objets découverts. Il est probable que nous ayons ici affaire à un site rural classique ; petite villa ou petit hameau isolé.

 

A partir du IVe siècle, bien que toujours habité, la moindre quantité de mobilier découvert laisse supposer une certaine désaffection. De fait, il semble bien être abandonné avant la fin du Ve siècle. Seuls de rares fragments isolés de céramique médiévale (XIIIe/XVe siècles) indiquent une fréquentation plus tardive des lieux, qui se résume très certainement à l’apport d’engrais et de fumier dans les cultures (les tas de fumier ont longtemps servi de poubelles, d’où les objets et tessons épars dans les champs). Cette vocation agricole du terrain perdurera jusqu’au lotissement du secteur.

 

 

 

 

Mobilier retrouvé :

· Des rebords d’assiettes milieu et seconde moitié du 1er siècle

· Amphores régionales, pâte rouge et engobe blanc du milieu du 1er siècle

· Amphores d’importation (tessons) dont une amphore vinaire d’Italie (Pompéi) 1er siècle avant J.C (Dressel) ; des amphores à huile d’Espagne du 1er siècle après J.C (Dressel) ; des amphores à vin narbonnaise 1er siècle après J.C (Gauloise) ; amphore à sauces ou conserves de poisson (Espagne) 1er siècle après J.C (Dressel)

· Des tessons de céramiques noire à pâte rouge, céramique à pâte claire, Dolium, des tessons de céramique rouge à pâte sableuse et engobe blanc le tout daté du 1er siècle après J.C.

· Un tesson de céramique granuleuse daté du IVe / Ve siècle après J.C

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peson de tisserand

Sépultures mérovingiennes (Ve au VIIe siècle) au pont Barat

Février 1898 : découverte de sept sarcophages en pierres, et quelques un en plâtre coulé et une série d'inhumation dans le sol. Les sarcophages ont été taillés dans le calcaire grossier de la localité, il n'a été possible d'en extraire que deux complets. Les autres cercueils en plâtre n'ont pu être extrait qu'en faibles morceaux, mais ils possédaient le squelette dans son ordre anatomique. Il n'a été relevé sur ces sarcophages aucun signe religieux particulier, mais une pierre ayant pu servir de chevet a été découverte isolée dans le cimetière, elle a environ 0m12 d'épaisseur et porte en gravure une double croix qui pourrait être interprétée comme le monogramme du Christ des premiers chrétiens "Pro Christos". Les objets recueillis consistent en armes, ustensiles, ornements :

 

Armes

Trois haches, dont deux de type Childéric (arme de jet et frappe) ; une épée de 0m80 de longueur, tranchante sur les deux faces ; un scramasaxe de 0m325 de longueur sur 0m04 de largeur ; un fer de lance d'une longueur totale de 0m25 ; deux couteaux.

 

 

Ustensiles

une pince à épiler en bronze ; huit vases biconiques en terre noire, deux vases à anse et à ouverture rétrécie en goulot, deux vases en forme de bouteille à col rétréci, allongé et se terminant en entonnoir sans rebords ; une bouteille de verre,  fiole à parfums.

 

Ornements

Demi-plaque de ceinturon en fer ; demi-plaque de ceinturon en bronze (cette plaque de ceinturon est la pièce capitale de la découverte de Beynes) ; deux boucles en bronze ; épingle en bronze.

 

 

 

Plaque de ceinturon en bronze


Mégalithes à Beynes

 

 Victor Aubert décrit un habitat qu’il fouilla entre 1912 et 1917 et qui se trouvait dans une gravière non loin de la rivière Mauldre, à environ 100 mètres au nord du moulin des Fourneaux.

 Une trentaine de fosses rondes ou ovales, larges de 1 à 3 mètres se trouvaient dans une couche d’alluvions épaisse de 1 mètre 50 ; directement sous jacente à la terre arable. Toutes ces fosses contenaient des cendres et des charbons ; dans quelques une il y avait des grosses pierres de foyer.

L’un de ses foyers le numéro 8 contenait des restes humains et fut reconnu comme une sépulture de l’époque néolithique. Aubert constata que la sépulture avait été violée avant sa fouille. Il y trouva associé aux débris humains, quelques silex, « un débris de pointes de cornes de bovidés, et un débris d’andouiller de bois de cerf ayant très probablement servi de marteau ».

« Le 8 juillet 1925, une nouvelle découverte de sépulture néolithique, en pleine terre, fut mise à jour en la gravière Bourgoin-Hoche », nous dit Aubert, sans pourtant fournir d’autres indications. Il signale que deux sépultures furent trouvées dans les carrières voisines par MM Avisse et Champs » Un crâne recueilli dans ces sépultures est entré dans la possession d’Aubert. « Les autres crânes en fort mauvais état, sont en possession de Mr Lorien, instituteur à Beynes ».

Aubert exprime que ce village néolithique a été finalement incendié, il récupéra du site plus de 200 pièces, il y recueillit aussi une monnaie, des tuiles et des briques de l’époque gallo-romaine. Le mobilier est en grande partie perdu ; quelques pièces sont au musée de Maule et au musée de l’Homme.

(Texte retrouvé aux ADY 98J)

 


Deux sites géologiques unique au monde désormais préservés.

C’est une première en France, le Préfet a voulu protéger le patrimoine géologique suite à la découverte de deux gisements de fossiles. Les gisements fossilifères sont des lieux connus pour leur richesse en fossiles. Ils devraient leurs caractéristiques au fait que les animaux ou les végétaux qui y sont trouvés ont vu leurs cadavres être enfouis dans un environnement anoxique, pauvre en bactéries. Ces conditions ont eu pour conséquence de ralentir le processus de décomposition et d’ainsi permettre une meilleure fossilisation. Les deux sites concernés dans les Yvelines sont le lieu-dit de la ferme de l’Orme à Beynes et le site du domaine de Grignon à Thiverval-Grignon. Les découvertes sont immenses : plus de 1 200 espèces marines anciennes : 800 mollusques à Grignon et 400 à Beynes. La faune à ces endroits est typiquement tropicale. Il faut également noter que les grands géologues des 18ème et 19ème siècles décrivaient la faune et les coupes du bassin parisien à partir de Grignon. Certains bivalves (catégorie de mollusques), conservent encore des pigments témoignant de leur couleur initiale d’il y a… 45 millions d’années ! Ce gisement est le plus riche au monde. L’état de conservation de ces fossiles range le site de Grignon dans la catégorie des « gisements à préservation exceptionnelle » Le site de Beynes est complémentaire de celui de Grignon. Selon les spécialistes, ces sites sont incontournables lorsqu’il s’agit de biodiversité ancienne. Ils ont d’ailleurs fait l’objet de plusieurs publications scientifiques en Europe et aux États-Unis. Ces sites seront donc définitivement protégés dans les Yvelines.

 

(Le Parisien)


Le site "des Plantins"

Le chantier de Beynes - « Les Plantins 2 » se trouve sur la rive droite de la Mauldre, un affluent de la Seine. Le site est implanté au bas d'une légère pente, en bordure de la plaine alluviale de la rivière. La fouille d'environ 6000 m² a révélé la présence d'un nappage de mobilier archéologique, concentré dans la partie septentrionale de l'emprise. Celui-ci recouvre quelques rares structures très érodées éparses de type fosse et trou de poteau. Le mobilier lithique et céramique situe l'occupation au Néolithique récent, et pourrait appartenir à la culture de Seine-Oise-Marne. Une attribution au début du Néolithique final est envisageable mais certains éléments typiques de la culture matérielle font défaut. La communauté néolithique beynoise avait des ressources minérales locales et régionales : silex du Secondaire, du Tertiaire, grès, etc. L'accent a été mis sur la compréhension du contexte pédo-sédimentaire de l'installation du site et de sa taphonomie, postérieure à l'occupation principale. Quelques éléments lithiques témoignent de la présence d'autres périodes, comme le Paléolithique moyen et supérieur final.

 

article du SRA (Service régional d'archéologie)

Beynes (Yvelines), "Les Plantins" : rapport de diagnostic

Mise en évidence d'une épaisse séquence de loess Tardiglaciaire ou Pléistocène, conservée dans une dépression du substratum à la base du versant. Les sondages n'ont pas permis de relever d'indices d'occupations préhistoriques associées. Outre quelques traces d'une occupation relative à la Préhistoire récente ou de la Protohistoire, la première occupation structurée concerne un cimetière à incinération. Sept inhumations ont été reconnues, déposées dans des urnes cinéraires individuelles, ou dans des constructions plus élaborées de type chambre ou coffre funéraire. En outre, des aménagements en pierre témoignent de structures de signalisation et de marquage au sol. L'ensemble est daté de la transition de la Tène moyenne à la Tène finale (LTCD2 à LTD1). L'occupation suivante est un bâtiment édifié à la base de la pente, en rebord de zone alluviale sans lien chronostratigraphique apparent avec la nécropole. L'assise en pierre et les sols de la construction présentent une bonne conservation. Paradoxalement, les quelques tessons gallo-romains retrouvés dans les sols et l'absence de marqueur chrono-culturel ou architecturaux ne permet pas d'attribution chronologique certaine à la période gallo-romaine (Ier siècle av. J.-C. / IIIe siècle ap. J.-C. ?). Enfin du mobilier issu de trous de poteaux postérieurs et d'un fonds de cabane atteste au moins d'une restructuration partielle de cet habitat à la période mérovingienne (VIe siècle).

Harlé Stéphane Lefèvre Annie Laporte-Cassagne Caroline

 

Beynes (Yvelines), "Les Plantins" : rapport de diagnostic

Ce diagnostic a permis de repérer une occupation datée du Néolithique moyen à l'âge du Bronze sur une surface de 9515 m2. Cette occupation est illustrée par la découverte d'artefacts essentiellement lithiques, mais aussi céramiques recueillis au sein d'unités stratigraphiques homogènes, conservées sous colluvions récentes. Ces unités, sans traits de ruissellements ou de ravines, apparaissent au-dessus de formations holocènes plus ou moins continues. Par ailleurs, la découverte de structures peu lisibles pouvant appartenir à un bâtiment témoignerait d'un habitat habituellement rarement documenté pour les périodes considérées.

 

Mouchène-Borys Christine Durand Juliette Wuscher Patrice Monchablon Cécile (INRAP)

 


Beynes (Yvelines), 44 rue de République : rapport de diagnostic

L'intervention a permis de mettre en évidence une occupation continue de la parcelle depuis la fin du Moyen Âge. L'élément le plus remarquable est la découverte d'un petit établissement médiéval situé à proximité de la rue actuelle. Il s'agit des vestiges d'une cave et d'un petit ensemble de fosses associées. A l'ouest, cet habitat est limité par un imposant et profond fossé dont la fonction reste à préciser. L'ensemble est abandonné entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle. Après un premier nivellement, l'occupation suivante est datée des XVe et XVIe siècles. En partie conservé, il s'agit de niveaux empierrés peu caractéristiques, parfois tassés au sommet des structures antérieures. Une vaste fosse (peut-être un trou d'eau ou une mare) a été localisée au sud-est de l'emprise. Entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, l'assiette du terrain est de nouveau modifiée par l'apport d'un épais remblai. Ce nivellement de la base du versant permet l'aménagement d'une terrasse destinée à accueillir des constructions au moins à partir du XVIIIe siècle. Au cours des deux siècles suivants, l'évolution du plan de ces bâtiments aboutira à la physionomie du bâtiment agricole encore en élévation avant ce diagnostic.

Harlé Stéphane (INRAP)


Beynes (Yvelines), "La Cité du Gaz" : rapport de diagnostic

Ce diagnostic a livré un petit habitat rural complet, daté de la période protohistorique et situé au dessus de la vallée de la Mauldre. En apparence étonnant, on comprend aisément, en analysant la situation géographique, pourquoi cette installation s'est faite ici : le point de vue depuis le site est exceptionnel avec un degré d'ensoleillement optimal et à l'abri des vents du plateau. Ces facteurs sont parfaits pour une installation agricole. De plus, bien qu'en pente, les deux bâtiments sont placés juste avant la vraie rupture de pente. Enfin, cet habitat n'est pas isolé puisque dans la vallée, la Mauldre se trouve à moins de trois cent mètres. L'analyse de la céramique permet de replacer l'ensemble au Bronze moyen ou au Bronze final I. Le bel ensemble de fragments de silex permet de voir que les matières premières présentes sur place sont connues et bien exploitées à cette période.

Néré Eric (INRAP)