Deux sites géologiques unique au monde désormais préservés.

C’est une première en France, le Préfet a voulu protéger le patrimoine géologique suite à la découverte de deux gisements de fossiles. Les gisements fossilifères sont des lieux connus pour leur richesse en fossiles. Ils devraient leurs caractéristiques au fait que les animaux ou les végétaux qui y sont trouvés ont vu leurs cadavres être enfouis dans un environnement anoxique, pauvre en bactéries. Ces conditions ont eu pour conséquence de ralentir le processus de décomposition et d’ainsi permettre une meilleure fossilisation. Les deux sites concernés dans les Yvelines sont le lieu-dit de la ferme de l’Orme à Beynes et le site du domaine de Grignon à Thiverval-Grignon. Les découvertes sont immenses : plus de 1 200 espèces marines anciennes : 800 mollusques à Grignon et 400 à Beynes. La faune à ces endroits est typiquement tropicale. Il faut également noter que les grands géologues des 18ème et 19ème siècles décrivaient la faune et les coupes du bassin parisien à partir de Grignon. Certains bivalves (catégorie de mollusques), conservent encore des pigments témoignant de leur couleur initiale d’il y a… 45 millions d’années ! Ce gisement est le plus riche au monde. L’état de conservation de ces fossiles range le site de Grignon dans la catégorie des « gisements à préservation exceptionnelle » Le site de Beynes est complémentaire de celui de Grignon. Selon les spécialistes, ces sites sont incontournables lorsqu’il s’agit de biodiversité ancienne. Ils ont d’ailleurs fait l’objet de plusieurs publications scientifiques en Europe et aux États-Unis. Ces sites seront donc définitivement protégés dans les Yvelines.

 

(Le Parisien)


Le site "des Plantins"

Le chantier de Beynes - « Les Plantins 2 » se trouve sur la rive droite de la Mauldre, un affluent de la Seine. Le site est implanté au bas d'une légère pente, en bordure de la plaine alluviale de la rivière. La fouille d'environ 6000 m² a révélé la présence d'un nappage de mobilier archéologique, concentré dans la partie septentrionale de l'emprise. Celui-ci recouvre quelques rares structures très érodées éparses de type fosse et trou de poteau. Le mobilier lithique et céramique situe l'occupation au Néolithique récent, et pourrait appartenir à la culture de Seine-Oise-Marne. Une attribution au début du Néolithique final est envisageable mais certains éléments typiques de la culture matérielle font défaut. La communauté néolithique beynoise avait des ressources minérales locales et régionales : silex du Secondaire, du Tertiaire, grès, etc. L'accent a été mis sur la compréhension du contexte pédo-sédimentaire de l'installation du site et de sa taphonomie, postérieure à l'occupation principale. Quelques éléments lithiques témoignent de la présence d'autres périodes, comme le Paléolithique moyen et supérieur final.

 

article du SRA (Service régional d'archéologie)

Beynes (Yvelines), "Les Plantins" : rapport de diagnostic

Mise en évidence d'une épaisse séquence de loess Tardiglaciaire ou Pléistocène, conservée dans une dépression du substratum à la base du versant. Les sondages n'ont pas permis de relever d'indices d'occupations préhistoriques associées. Outre quelques traces d'une occupation relative à la Préhistoire récente ou de la Protohistoire, la première occupation structurée concerne un cimetière à incinération. Sept inhumations ont été reconnues, déposées dans des urnes cinéraires individuelles, ou dans des constructions plus élaborées de type chambre ou coffre funéraire. En outre, des aménagements en pierre témoignent de structures de signalisation et de marquage au sol. L'ensemble est daté de la transition de la Tène moyenne à la Tène finale (LTCD2 à LTD1). L'occupation suivante est un bâtiment édifié à la base de la pente, en rebord de zone alluviale sans lien chronostratigraphique apparent avec la nécropole. L'assise en pierre et les sols de la construction présentent une bonne conservation. Paradoxalement, les quelques tessons gallo-romains retrouvés dans les sols et l'absence de marqueur chrono-culturel ou architecturaux ne permet pas d'attribution chronologique certaine à la période gallo-romaine (Ier siècle av. J.-C. / IIIe siècle ap. J.-C. ?). Enfin du mobilier issu de trous de poteaux postérieurs et d'un fonds de cabane atteste au moins d'une restructuration partielle de cet habitat à la période mérovingienne (VIe siècle).

Harlé Stéphane Lefèvre Annie Laporte-Cassagne Caroline

 

Beynes (Yvelines), "Les Plantins" : rapport de diagnostic

Ce diagnostic a permis de repérer une occupation datée du Néolithique moyen à l'âge du Bronze sur une surface de 9515 m2. Cette occupation est illustrée par la découverte d'artefacts essentiellement lithiques, mais aussi céramiques recueillis au sein d'unités stratigraphiques homogènes, conservées sous colluvions récentes. Ces unités, sans traits de ruissellements ou de ravines, apparaissent au-dessus de formations holocènes plus ou moins continues. Par ailleurs, la découverte de structures peu lisibles pouvant appartenir à un bâtiment témoignerait d'un habitat habituellement rarement documenté pour les périodes considérées.

 

Mouchène-Borys Christine Durand Juliette Wuscher Patrice Monchablon Cécile (INRAP)

 


Beynes (Yvelines), 44 rue de République : rapport de diagnostic

L'intervention a permis de mettre en évidence une occupation continue de la parcelle depuis la fin du Moyen Âge. L'élément le plus remarquable est la découverte d'un petit établissement médiéval situé à proximité de la rue actuelle. Il s'agit des vestiges d'une cave et d'un petit ensemble de fosses associées. A l'ouest, cet habitat est limité par un imposant et profond fossé dont la fonction reste à préciser. L'ensemble est abandonné entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle. Après un premier nivellement, l'occupation suivante est datée des XVe et XVIe siècles. En partie conservé, il s'agit de niveaux empierrés peu caractéristiques, parfois tassés au sommet des structures antérieures. Une vaste fosse (peut-être un trou d'eau ou une mare) a été localisée au sud-est de l'emprise. Entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, l'assiette du terrain est de nouveau modifiée par l'apport d'un épais remblai. Ce nivellement de la base du versant permet l'aménagement d'une terrasse destinée à accueillir des constructions au moins à partir du XVIIIe siècle. Au cours des deux siècles suivants, l'évolution du plan de ces bâtiments aboutira à la physionomie du bâtiment agricole encore en élévation avant ce diagnostic.

Harlé Stéphane (INRAP)


Beynes (Yvelines), "La Cité du Gaz" : rapport de diagnostic

Ce diagnostic a livré un petit habitat rural complet, daté de la période protohistorique et situé au dessus de la vallée de la Mauldre. En apparence étonnant, on comprend aisément, en analysant la situation géographique, pourquoi cette installation s'est faite ici : le point de vue depuis le site est exceptionnel avec un degré d'ensoleillement optimal et à l'abri des vents du plateau. Ces facteurs sont parfaits pour une installation agricole. De plus, bien qu'en pente, les deux bâtiments sont placés juste avant la vraie rupture de pente. Enfin, cet habitat n'est pas isolé puisque dans la vallée, la Mauldre se trouve à moins de trois cent mètres. L'analyse de la céramique permet de replacer l'ensemble au Bronze moyen ou au Bronze final I. Le bel ensemble de fragments de silex permet de voir que les matières premières présentes sur place sont connues et bien exploitées à cette période.

Néré Eric (INRAP)